Les Monades Urbaines – Robert Silverberg

Décidément, je lis beaucoup de dystopies en ce moment. Après Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb, je me suis attaqué à Les Monades Urbaines de Robert Silverberg. C’est une dystopie beaucoup plus traditionnelle puisque c’est aussi un livre de science-fiction.

Robert Silverberg y traite un sujet largement évoqué dans Retour au meilleur des mondes d’Aldous Huxley: la surpopulation mondiale. A titre d’information: une monade est une structure complexe et fermée (source: Wikipédia). Quatrième de couverture:

La planète Terre en l’an 2381 : la population humaine compte désormais plus de 75 milliards d’individus, entassés dans de gigantesques immeubles de plusieurs milliers d’étages. Dans ces monades, véritables villes verticales entièrement autosuffisantes, tout est recyclé, rien ne manque. Seule la nourriture vient de l’extérieur. Ainsi, l’humanité a trouvé le bonheur. Des bas étages surpeuplés et pauvres aux étages supérieurs réservés aux dirigeants, tous ne vivent que dans un but : croître et se multiplier. Plus de tabous, plus de vie privée, plus d’intimité. Chacun appartient à tout le monde. La jalousie et le manque n’existent plus. Contentez-vous d’être heureux. La monade travaille pour vous et maîtrise tout. Quand à ceux qui n’acceptent pas le système, les anomos, ils seront eux aussi recyclés. Pour le bien-être du plus grand nombre…

Le monde de Les Monades Urbaines est régit par quelques principes de base: plus on est haut dans la Monade, plus on est estimé. Les êtres humains doivent se multiplier sans cesse (une famille avec 6 ou 7 enfants est dans la moyenne). La liberté est totale et imposée; sous peine de mort.

La première liberté est la liberté sexuelle … Ce qui fait que ce livre a pas mal de passage chauds, avec un vocabulaire un peu cru. Cette liberté sexuelle découle directement du fait que les Hommes vivent entassés avec peu d’intimité. Elle permet d’éviter les tensions. Tout cela parce que l’homme n’a pas cessé de se reproduire (70 milliards d’habitants sur la Terre).

Mais derrière ce monde où tout semble agréable et réglé comme une horloge se cachent pas mal de problèmes psychologiques. D’ailleurs, c’est un des grands atouts de Les Monades Urbaines, Robert Silverberg s’y sert énormément de la psychologie. Et ceux qui ne cadrent pas avec la liberté et les règles des Monades sont des anomo. Et la sanction pour un anomo est simple: la mort.

Au niveau de la forme, ce roman surprend un peu au début. En effet, chaque chapitre raconte l’histoire d’un habitant de la Monade 116. On pourrait croire que les histoires sont déconnectées, mais pas du tout. Chaque personnage est lié aux autres. Et cette forme nous permet d’avoir des points de vues différents sur ce mode de vie.

Toujours au niveau de la forme, je regrette tout de même quelques longueurs qui n’apportent pas grand chose à l’oeuvre. Mais ce n’est qu’une question de gout ! Robert Silverberg a écrit Les Monades Urbaines il y a un peu moins de 30 ans. Et l’oeuvre n’a pas du tout vieillit. Elle est encore d’actualité. C’en est même effrayant !

Bref, un livre passionnant qui fait voyager mais aussi réfléchir. Je ne peux que vous le conseiller vivement.

ISBN Poche: 978-2253072256

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